Le mot du responsable de la filière

Lorsque j’étais étudiant, je pensais que la technicité et l’innovation étaient les seules clés d’un succès technique. Fort de cette certitude, animé d’un égo certainement quelque peu surdimensionné et encouragé par une formation à l’époque passablement individualiste, je ne voyais la finalité de la réussite de l’ingénieur que dans la reconnaissance du concepteur, voire de l’inventeur.

Au cours de mes presque vingt années d’expériences professionnelles dans les secteurs industriels de l’aéronautique et de l’automobile, d’ingénieur d’essais au poste de Directeur Industriel, et face à la difficulté de certaines tâches, pas toujours techniques d’ailleurs, j’ai appris que l’organisation, la méthodologie, le management et le travail en équipe étaient indispensables à la transformation d’idées, fussent elles géniales, en réussites industrielles.

Ainsi, en plus de sa parfaite maitrise technologique, l’ingénieur moderne, qu’il soit en position de management hiérarchique ou fonctionnel, doit entre autres :

  • être rigoureux et factuel sans être réactionnaire au progrès et aux changements,
  • être exigeant sans être inhumain et toujours avec respect,
  • viser systématiquement l’excellence mais ne pas se perdre dans l’abysse du perfectionnisme qui n’est un objectif ni technique, ni humain, 
  • agir rapidement et de manière pragmatique mais sans précipitation ni simplisme, 
  • apporter de la méthodologie sans dogme et sans être prisonnier de ses outils,
  • savoir déléguer, faire confiance et responsabiliser sans se déresponsabiliser,
  • être bon gestionnaire sans être radin et moins encore mesquin,
  • respecter et faire respecter la discipline nécessaire, sans raideur excessive et surtout sans jamais abuser de son pouvoir,
  • être psychologue, faire preuve d’empathie sans se prendre ni pour un psychanalyste, ni pour une assistante sociale,
  • communiquer clairement et sincèrement mais sans confession ni commérage, 
  • écouter, favoriser le dialogue mais en faisant très attention de ne pas se laisser manipuler,
  • être critique, juste et équitable sans jamais promouvoir ni la polémique, ni la division,
  • reconnaitre ses erreurs, les corriger rapidement et en tirer l’enseignement nécessaire pour ne pas les renouveler,
  • être flexible et s’adapter mais sans renoncer à ses principes, ni se soumettre et moins encore se résigner,
  • être fier de son travail sans jamais céder à l’orgueil, qui ferme l’esprit et les marchés,
  • être ambitieux sans être arriviste,
  • s’investir personnellement dans sa propre réussite bien sûr, mais tout autant dans la reconnaissance, l’épanouissement et la promotion de ses collaborateurs,

le tout, dans des contextes multiculturels, multilinguistiques qui vont de la PME à la grande multinationale.

Cette équation pourtant déjà largement simplifiée, peut paraitre complexe, voire sans solution pour l’étudiant ou le jeune ingénieur sans grande pratique. Elle n’en est pas moins pour autant que le quotidien plus ou moins alambiqué de tout poste d’ingénieur en situation de management et plus généralement d’encadrement technique.

C’est pour répondre à cette problématique que l’Heig-vd a mis au point la formation de Bachelor en Ingénierie de Gestion qui vient d’être accréditée par la Confédération Suisse, véritable interface entre l’économie et l’ingénierie.

Cette formation pluridisciplinaire se décompose en 50% de sciences et techniques de l’ingénieur, 35% de management et 15% de communication, dont la vocation est de former les futurs cadres industriels dans les secteurs de la gestion de projets, du management de la production, du marketing, de la supply chain, des achats techniques, des méthodes, de la maintenance ou de la qualité.

Prof. Jean-Michel SCHULZ
Responsable Filière
Ingénierie de Gestion

Sous la loupe...

Brochure HEIG-VD 2011